Vendredi 29 août, je suis allé à la conférence de presse de FACIL (FACIL, pour l'appropriation collective de l'informatique libre) sur un sujet de polémique actuel au Québec, qui concerne l'achat de logiciels pour l'administration publique.

En gros, le reproche est fait à l'administration publique de dépenser des millions de $ en quelques mois pour des logiciels, sans même faire d'appel d'offre (et ainsi favoriser une saine concurrence). Bien sûr, les solutions libres seraient une alternative intéressante, dont le coût global serait probablement inférieur, et réinjecterai de l'argent dans l'économie locale plutôt que de le mettre dans deux grosses sociétés. La question de l'interopérabilité se pose aussi: en effet, la maitrise des formats de fichiers utilisés pour stocker des données est primordiale, si l'on veut pouvoir les récupérer plus tard.

Je me permet de citer ici une partie du communiqué, cela m'évitera de le paraphraser d'avantage:

Montréal, le 28 août 2008 - FACIL, association à but non lucratif, qui prône l'appropriation collective de l'informatique libre, dénonce les pratiques d'achats de logiciels nécessaires à l'administration publique sans appel d'offres de la part du Gouvernement du Québec. FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d'approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l'intérêt du Québec.

Au Québec, l'accès aux marchés publics est la règle alors que l'attribution de contrat sans appel d'offres est l'exception. En principe, un marché doit être ouvert à tous, de manière transparente et équitable. Les solutions et les propositions déposées doivent être évaluées objectivement à partir de critères reconnus et acceptés de tous. De plus, la loi impose que les marchés publics doivent favoriser le développement économique local et les technologies québécoises.

FACIL a constaté que des contrats d'achats de logiciels qui totalisent plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, ont été obtenus par de grandes multinationales par avis d'attribution sans passer par le processus normal d'appel d'offres. Ces achats se font au détriment de l'industrie du service en logiciel basée sur le logiciel libre au Québec et sont un obstacle au développement des entreprises québécoises dans le secteur des technologies de l'information. FACIL dénonce cette façon de procéder qu'elle considère intolérable, illégale et contraire à l'intérêt de la société québécoise.

Une politique rigoureuse et déterminée d'utilisation de logiciels libres dans les administrations publiques permettrait la création de très nombreux emplois durables, ainsi que des économies substantielles en licences de logiciels et inutiles mises à jour. Cependant, trop souvent l'administration québécoise refuse d'envisager et même d'évaluer l'option du logiciel libre. ...

Source: Le Conseil d'Administration de FACIL

URL : Le site de FACIL