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Mot-clé - libertés

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mercredi, février 25 2009

Riposte graduée, HADOPI & Co

Rapide billet concernant la France, qui pourrait adopter de nouvelles mesures de "riposte graduée" . Rapide extrait de la FAQ de "la Quadrature du net"

Ce qui nous inquiète :

  • le projet de loi Olivennes visant à instaurer la riposte graduée
  • les directives européennes du "paquet telecom"
  • le projet d'extension des pouvoirs du CSA à internet
  • le projet de commission nationale de déontologie des services en ligne
  • le projet de loi sur la cybercriminalité
  • le projet de décret étendant la rétention des logs

Si cela vous concerne d'une manière ou d'une autre, n'hésitez pas à participer à cet appel au "blackout" et laisser votre site web arborer des couleurs sombres (Il va faire tout noir....).

mardi, février 10 2009

Éthique et logiciel selon Richard Stallman

Cher lecteur (si vous existez), je crains que le titre de ce billet ne vous fasse partir à toutes jambes. Si vous êtes encore en train de lire ces lignes, ne vous arrêtez pas en si bon chemin, je promets d'éviter que son contenu ne soit technique.

Introduction

Fin janvier, Richard M. Stallman (parfois surnommé RMS), pour débuter sa tournée 2009, donnait une conférence à l'université Concordia sur son sujet favori: le logiciel libre.

richard_stallman_concordia_montreal

Définitions

Tout d'abord, pour rendre la suite plus claire, définissons deux termes: Un logiciel libre est un programme dont la licence est en accord avec les quatre points suivants :

  • La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
  • La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
  • La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin, (liberté 2).
  • La liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté, liberté 3). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.

Un logiciel privateur est un programme ne respectant pas l'une ou plusieurs des libertés évoquées ci-dessus. (Le terme "logiciel privateur" devrait en effet être utilisé à la place du terme "logiciel propriétaire" car ce qu'il sous entend est qu'il prive l'utilisateur de ses libertés fondamentales. )

Le logiciel privateur, un modèle économique dépourvu d'éthique

Parler d'éthique et de logiciels n'est pas très courant. En effet, cette problématique est toute récente, puisque cela ne fait pas 20 ans que l'informatique est accessible et répandue.

Il en résulte que le sujet n'a pas été toujours été pensé et analysé d'un point de vue éthique. Il faudra certainement du temps pour que la situation se stabilise et que ces réflexions entrent dans les moeurs de la population, au même titre que d'autres choses qui nous paraissent connues et évidentes (libertés individuelles, responsabilités, etc.)

Pour beaucoup de gens, l'utilisation d'un ordinateur est quotidienne, et se fait via énormément de logiciels privateurs. En quoi est-ce que cela est un problème ?

Au lieu de retaper un pâté ici, je me permettrai de vous rediriger simplement sur l'article de Philippe à ce sujet.

Méfaits des logiciels privateurs

Les restrictions imposées par beaucoup de logiciels privateurs sont abusives et ne devraient pas être acceptées. Je cite par exemple tous les logiciels violant la liberté 0. Par exemple Microsoft Windows, ou encore les logiciels de la suite Adobe, ou la majorité des logiciels de conception largement utilisés en entreprise. Ces logiciels interdisent à l'utilisateur de les installer sur plus de N machines (N souvent égal à 1...). On peut considérer ces conditions comme abusives. Ayant payé pour un logiciel, pourquoi ne pas pouvoir en faire ce que l'on désire chez soi?

La liberté 1 peut paraître réservée au développeur de logiciel, mais elle ne l'est pas uniquement. Pouvoir étudier le fonctionnement du programme nous donne le contrôle total sur ce dernier. Sans cela, comment pouvez-vous savoir ce que fait le logiciel ? Pourquoi ne ferait-il pas de choses derrière votre dos ? Sans virer dans une paranoïa complète, il est avéré que cela a été le cas dans plusieurs logiciels (que cette fois je ne nommerai pas). RMS fait la comparaison suivante : prenons l'ensemble des logiciels, et créons deux sous-ensembles: l'ensemble des logiciels privateurs qu'on ne peut pas étudier, et ceux des logiciels libres. Dans le premier sous-ensemble, il est possible que certain contiennent des mouchards ou fassent des choses que vous ne désirez pas (et qui souvent nuisent à votre liberté); et dans le second sous-ensemble, il y a des logiciels que vous pouvez contrôler et analyser, pour vous assurer de leurs actions. Que choisissez vous ?

Dans le cas ou vous êtes à la tête d'une entreprise hébergeant des quantités de données confidentielles sur des clients, le choix devrait être vite fait.

Modèle de développement de logiciel libre

Mais si les copies sont autorisées et le code disponible, le développement perd-il sa valeur marchande ? Pas du tout.

Vous êtes à la tête d'une société, et vous utilisez un logiciel libre. Celui-ci répond à une partie de vos attentes, mais n'est pas complet. Que faire ?

Premièrement, cherchez une personne compétente pour travailler dessus. Cela ne devrait pas être un obstacle, le choix est immense. Utilisez ensuite votre liberté 2 pour donner une copie de ce logiciel au développeur choisi. Celui-ci, après avoir établit un contrat et cahier des charges avec vous, utilisera sa liberté 1 pour le consulter, et sa liberté 3 pour le modifier et l'améliorer.

Vous lui paierez son travail une fois effectué, et ce dernier utilisera à nouveau la liberté 2 pour vous le distribuer, et vous utiliserez votre liberté 0 afin de l'exécuter pour votre usage.

Logiciel libre et éducation

Pourquoi la majorité des élèves apprennent à utiliser Microsoft (Word/Excel/Powerpoint), Sous Microsoft Windows ou MacOS ? On répondra que c'est parce que ce sont les logiciels les plus répandus. Certes, mais l'école qui est censée donner une éducation neutre peut-être réellement former des gens à utiliser les logiciels de telle ou telle entreprise uniquement ? Pourquoi le logiciel X et non Y ?

Et qu'en est-il des coûts de licence, abominablement élevés ? Et que l'état (donc nos impôts) paient sans broncher... On se rappellera de cette histoire au Québec....

Ce que propose le libre, ce sont des alternatives à tout cela. Non seulement elles sont moins onéreuses, mais d'un point de vue éthique elles sont bien plus convenables. L'esprit du libre insiste sur le partage et la transparence, valeurs essentielles pour la société.

Au contraire, les logiciels privateurs que l'on trouve dans nos écoles s'imposent par des prix avantageux gracieusement cédés par des sociétés qui brassent des millions... et surtout, qui se réjouissent de donner à des milliers d'élèves la dépendance en leur logiciel.

A l'image d'un dealer qui offre la première dose, ces entreprises assurent leur futur grâce à l'imposition de leur produits. Cela va, à mon avis, envers les valeurs que notre société aimerait transmettre.

Conclusion

Avant de faire comme tout le monde lorsque l'on a besoin d'un logiciel pour une application donnée, ou que l'on renouvelle une partie de son parc informatique, posons-nous la question suivante: A quel point l'utilisation de tel logiciel est-il un choix éthiquement judicieux ?

Stallman_st-ignucius Le fameux show à ne pas manquer, RMS se présente dans sa seconde identité, St-iGNUcius de l'église emacs... pour comprendre ce délire, un petit tour par sa page personnelle s'impose.

samedi, septembre 20 2008

Montreal mapping party

J'ai eu l'occasion de participer à une "Mapping Party" à Montréal. Mais qu'est-ce ? (les lecteurs du blog de Philippe sont déjà au courant)

Vous connaissez peut-être le projet OpenStreetMap, OSM de son petit nom, qui se définit comme :

OpenStreetMap (OSM) permet de créer et de fournir des données géographiques libres et gratuites. Elles peuvent servir, par exemple, à créer des cartes routières pour ceux qui le désirent. Ce projet a débuté parce que la plupart des cartes disponibles, même gratuitement, ont des restrictions légales ou techniques limitant leur usage et empêchant de les utiliser de façon créative, productive ou innovante.

(source )

Et qui ressemble à ceci dans la région :

OSM3

Le principe est donc simple: on se ballade dans une région donnée, et on note d'une façon ou d'une autre toutes les informations intéressantes situées sur notre passage : arrêt de bus, métro, piste cyclable, nom de rue, etc. Une fois cette récolte effectuée, on peut utiliser un logiciel (JOSM) ou même éditer la carte en ligne (Applet Flash), afin de lui ajouter tout cela.

Cela représente du travail, mais à en croire la page de statistique de OSM, c'est en pleine expansion !

Dans le cas de Montréal, passablement de rues sont déjà présentes, mais il manquait beaucoup de noms pour ces rues, et il y a toujours d'autres éléments (cités ci-dessus) à ajouter.

Nous nous sommes retrouvés à la Brûlerie St-Denis afin de nous organiser sous la direction d'un contributeur, Nicolas, qui a lancé l'événement depuis le Wiki OpenStreetMap. Les zones ont été réparties, et J'ai travaillé sur la zone Parc-Extension, pendant que d'autres travaillaient sur le Vieux-Montréal, le nord de l'ile ou encore la zone de Verdun.

OSM mapping party Nicolas et Daniel, après la récolte d'informations dans la ville

Mais pourquoi tout cela ?

  • Parce que c'est amusant (si si !).
  • Parce que c'est utile à tous, un beau projet communautaire qui donne des résultats meilleurs que la concurrence pour certaines régions
  • Parce que ça fait sortir et faire du sport ! (ma trace fait plus de 17km !)
  • ...

Plus de détails sont disponibles ci-dessous pour ceux que ça intéresse !

Lire la suite...

lundi, septembre 1 2008

Informatique et libertés au Québec

Vendredi 29 août, je suis allé à la conférence de presse de FACIL (FACIL, pour l'appropriation collective de l'informatique libre) sur un sujet de polémique actuel au Québec, qui concerne l'achat de logiciels pour l'administration publique.

En gros, le reproche est fait à l'administration publique de dépenser des millions de $ en quelques mois pour des logiciels, sans même faire d'appel d'offre (et ainsi favoriser une saine concurrence). Bien sûr, les solutions libres seraient une alternative intéressante, dont le coût global serait probablement inférieur, et réinjecterai de l'argent dans l'économie locale plutôt que de le mettre dans deux grosses sociétés. La question de l'interopérabilité se pose aussi: en effet, la maitrise des formats de fichiers utilisés pour stocker des données est primordiale, si l'on veut pouvoir les récupérer plus tard.

Je me permet de citer ici une partie du communiqué, cela m'évitera de le paraphraser d'avantage:

Montréal, le 28 août 2008 - FACIL, association à but non lucratif, qui prône l'appropriation collective de l'informatique libre, dénonce les pratiques d'achats de logiciels nécessaires à l'administration publique sans appel d'offres de la part du Gouvernement du Québec. FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d'approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l'intérêt du Québec.

Au Québec, l'accès aux marchés publics est la règle alors que l'attribution de contrat sans appel d'offres est l'exception. En principe, un marché doit être ouvert à tous, de manière transparente et équitable. Les solutions et les propositions déposées doivent être évaluées objectivement à partir de critères reconnus et acceptés de tous. De plus, la loi impose que les marchés publics doivent favoriser le développement économique local et les technologies québécoises.

FACIL a constaté que des contrats d'achats de logiciels qui totalisent plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, ont été obtenus par de grandes multinationales par avis d'attribution sans passer par le processus normal d'appel d'offres. Ces achats se font au détriment de l'industrie du service en logiciel basée sur le logiciel libre au Québec et sont un obstacle au développement des entreprises québécoises dans le secteur des technologies de l'information. FACIL dénonce cette façon de procéder qu'elle considère intolérable, illégale et contraire à l'intérêt de la société québécoise.

Une politique rigoureuse et déterminée d'utilisation de logiciels libres dans les administrations publiques permettrait la création de très nombreux emplois durables, ainsi que des économies substantielles en licences de logiciels et inutiles mises à jour. Cependant, trop souvent l'administration québécoise refuse d'envisager et même d'évaluer l'option du logiciel libre. ...

Source: Le Conseil d'Administration de FACIL

URL : Le site de FACIL